Le Théâtre royal de Toone, un théâtre de marionnettes pour adultes unique en Europe cher au cœur des Bruxellois…
Découvrez son histoire !
Les origines du Théâtre royal de Toone
La dynastie populaire des Toone
Un Musée pour Toone, non peut-être ?!
Les collections du Musée de Toone
En tant que théâtre de marionnettes à tringle traditionnelles, la collection du Musée de Toone consiste en diverses pièces relatives à l’art marionnettique. Les plus anciennes datent de la fin de la première moitié du XIXe siècle. Les marionnettes à tringle traditionnelles bruxelloises constituent la majeure partie du patrimoine culturel mobilier du Musée de Toone.
Elles sont réparties sur 3 fonds :
Le fonds Wolfers rassemble un ensemble de marionnettes à tringle traditionnelles bruxelloises, lesquelles furent sauvées de la diaspora par le sculpteur, joaillier et bijoutier Marcel Wolfers (1886-1976). Il fut le premier mécène et ardent défenseur du Théâtre de Toone, comme en témoigne la fondation, en 1931, du groupe « Les Amis de la marionnette » (cf. « Le Soir Illustré », 28 mars 1931, n°162) dont l’objectif était de préserver le jeu de Toone V – Daniel Vanlandewijck. Il le confia à Toone VI – Pierre Welleman afin que celui-ci puisse poursuivre les spectacles du Théâtre de Toone. La chute du V1 dans les Marolles en novembre 1944 fut fatale pour quelques pièces de cette collection. C’est Jef Bourgeois (1896-1983), peintre des Marolles et premier conservateur du Musée du Théâtre royal de Toone, qui sauva cette collection. Actuellement, le fonds Wolfers compte 125 marionnettes, dont 4 en armures, (cf. confirmation par la veuve du mécène Wolfers à l’ASBL du Théâtre de Toone en 1986). Quelques pièces remarquables, dont nos Quatre Mousquetaires, sont déjà exposées dans le parcours permanent du musée actuel mais d’autres biens culturels (des têtes en bois sculpté signées Marcel Wolfers, des décors anciens, …) sont préservés dans nos réserves dans l’attente d’une mise en lumière. D’un point de vue scientifique, le fonds Wolfers a déjà suscité l’intérêt de l’IRPA (Institut royal de Patrimoine Artistique) pour ses qualités historiques, esthétiques et patrimoniales. Un premier inventaire de ce fonds a été établi, ce compris quelques autres pièces appartenant au fonds de la Fédération Wallonie-Bruxelles (cf. base de données consultable en ligne).
Le fonds du Patrimoine de la Fédération Wallonie-Bruxelles regroupe l’ensemble des marionnettes et décors provenant de la tradition marionnettique de Toone, lesquels sont mis en dépôt dans notre musée. Ce sont deux ministres de la Culture qui, durant leur mandat respectif, firent l’acquisition de pièces patrimoniales.
D’une part, le Sénateur Philippe Monfils, alors ministre de la Culture, montra un réel intérêt pour les marionnettes de Toone et le théâtre pour la jeunesse, il décida d’acquérir quelques marionnettes et jeux remarquables du patrimoine de Toone. Les pièces dont il fit l’acquisition au profit de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont les suivantes : un ensemble de 7 marionnettes anciennes, datant de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle : le « Chevalier Bayard » sur son cheval (fabriqué par Robert De Ryck dans les années 50 et comprenant pas moins de 2246 pièces de cuivre) ; les Quatre Fils Aymon (marionnettes en armure), deux marionnettes des bas-fonds (avec têtes en papier mâché polychrome, dernier vestige des premiers théâtres de marionnettes belges !) et « Woltje met zen chik » (marionnette de Toone III). – la totalité du jeu de « Tyl Uylenspiegel » dans la scénographie réalisée en 1988 par Serge Creuz, soit 37 marionnettes.
Plus tard, entre 1993 et 1995, c’est le Ministre Éric Tomas, séduit par les créations du peintre et décorateur belge Thierry Bosquet, qui fit l’acquisition au nom de la Fédération Wallonie-Bruxelles de l’intégralité du jeu du « Bossu » dans la version de Thierry Bosquet, soit 34 marionnettes et 13 décors. Tous les éléments de cette collection sont actuellement mis en dépôt au Théâtre royal de Toone. (consultable ici)
Parmi tous les Toone, c’est V. José Géal – Toone VII qui est celui qui s’est le plus employé à enrichir la collection du musée. En ses qualités de comédien, de fondateur du Théâtre de l’Enfance et de Toone VII son rayonnement est à la fois national et international. C’est au travers de ses voyages, au gré de ses rencontres et de ses interventions lors de colloques de l’UNIMA qu’il se constitua une collection personnelle comprenant marionnettes (à tringle, à gaine, à fils) et objets apparentés à l’art marionnettique provenant du monde entier (service d’assiettes de Guignol, un castelet chinois). Son apport à l’institution du Théâtre royal de Toone est tel qu’il nous paraît essentiel de valoriser son parcours au travers de ses collections au sein même de notre futur musée. Dans un premier temps, nous envisageons de valoriser cette collection au cœur d’expositions temporaires, telles que l’exposition « Les trésors de Toone » qui s’est déroulée durant l’été 2021 à la Maison de la Marionnette de Tournai. Par la suite, nous réfléchirons à la manière la plus pertinente d’intégrer cette collection privée à celle de notre musée et de la valoriser au sein du parcours permanent. Nous signalons d’emblée que la mise en valeur des « collections Toone VII » ne se fera jamais sans l’accord préalable de son propriétaire, Monsieur V. José Géal, et que les parcours scénographiques se feront avec son appui, tenant compte de ses réflexions. Par ailleurs, le Théâtre royal de Toone contient une riche documentation constituée de sources primaires (manuscrits de jeu, lettres, registre de spectacles, archives diverses, …) et de littérature secondaire (monographies , publications scientifiques, articles, études, mémoires et thèses) relatives au Théâtre royal de Toone, tant sur son fonctionnement que sur son histoire. À cela, s’ajoutent des documents iconographiques (photographies, diapositives, toiles, dessins, caricatures, héliogravures) et audiovisuels (films, enregistrements, cassettes, bobines, DVD), tout aussi éclairants. Tous ces documents, dont la plupart ont plus de 50 ans, ont été Plan de développement des missions du musée 4 rassemblés depuis de nombreuses années grâce au travail de la conservatrice, Andrée Longcheval et de Toone VII. Notons qu’une partie de nos archives audiovisuelles a été proposée pour intégrer le projet européen de cartographie entrepris par la SONUMA, démontrant une fois encore l’intérêt historique des témoignages précieux fournis par ces documents. Plus globalement, toute cette documentation précieuse est complémentaire à nos collections et doit s’envisager comme partie intégrante de celles-ci. En effet, elles foisonnent d’enseignements sur le folklore et le divertissement bruxellois de l’entre XIXe-XXe siècle, mais témoignent aussi de l’évolution de notre institution théâtrale au sein de la Ville de Bruxelles.
Nos collections témoignent d’un véritable intérêt patrimonial. D’une part, les marionnettes de Toone étaient – et sont encore aujourd’hui – les principaux acteurs de l’institution séculaire qu’est le Théâtre royal de Toone, fondé vers 1830. De la sorte, ces êtres de bois nous éclairent sur l’histoire de la Belgique non seulement au sens strict du terme mais aussi bien dans ses aspects culturels, sociologiques et plus particulièrement folkloriques, puisqu’ils mettent en lumière la place d’un des plus anciens théâtres de marionnettes belges et retracent l’évolution de celui-ci au cœur de la société bruxelloise d’hier, où il a rayonné, et d’aujourd’hui, où il rayonne encore.
Toone et ses collaborateurs artistiques
Dramaturge belge d’expression française bien qu’issu d’une famille flamande, Adémar Martens, dit Michel de Ghelderode, produisit, entre 1924 et 1926, cinq œuvres pour un genre qu’il affectionna particulièrement, les marionnettes bruxelloises. Le Mystère de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, La Tentation de saint Antoine, Duvelor ou la Farce du Diable vieux, La Farce de la Mort qui faillit trépasser, Le Massacre des Innocents, oeuvres prétendues « reconstituées » d’après les souvenirs de vieux montreurs mais en réalité écrites par lui-même, illustrent son goût pour la mystification.
Peu apprécié des théâtres bruxellois de l’époque, Ghelderode fut accueilli au Vlaamsche Volkstooneel (VVT, Théâtre populaire flamand) ouvert aux tendances nouvelles sous l’impulsion de son metteur en scène Johan de Meester. La Farce de la Mort qui faillit trépasser, traduite en flamand, fut créée en 1925. En 1927, ce furent les Images de la Vie de saint François d’Assise. Toutefois, en dépit du succès, l’aventure s’acheva en 1932 avec la disparition de la troupe.
En 1934, le marionnettiste bruxellois de tradition populaire Toone IV (Jean-Baptiste Hembauf) créa La Passion, qui reprend une pratique du XVe siècle qui permettait à un condamné de sauver sa vie s’il réussissait à résister à la crucifixion. La farce de Duvelor fut montée au Théâtre de l’Enfance par V. José Géal, futur Toone VII, en 1960. Ces pièces furent reprises au Théâtre de Toone VII qui créa ensuite Pitje la Mort (La Farce de la Mort … ), La Tentation de saint Antoine et, sous le titre de La Nativité, Le Massacre des Innocents. Le Siège d’Ostende, Épopée militaire pour Marionnettes, écrit en 1933, ne fut publié qu’en 1980, et créé en marionnettes par Gérard Vivane en 2000.
Source : Jacques Ancion, « Michel de Ghelderode », Word Encyclopedia of Puppetry Art (page consultée le 24/01/2022)
Marcel Wolfers (1886-1976) était un sculpteur belge, bien connu pour ses monuments commémoratifs de la Première Guerre mondiale de la période de l’entre-deux-guerres (1919-1939).
L’Association « Les Amis de la Marionnette » a été créée en 1931, à son initiative. Cette association voit le jour dans le but de sauver cet élément essentiel du patrimoine folklorique bruxellois qu’à le Théâtre de Toone. Parmi ses membres, en plus de Marcel Wolfers, on y trouvait le Bourgmestre de la Ville Adolphe Max et Jef Bourgeois, qui deviendra par la suite le premier conservateur du théâtre. Ce groupement a eu le mérite de relancer le théâtre, essentiellement grâce au mécénat du bijoutier-joaillier sculpteur Marcel Wolfers qui a sauvé le matériel (marionnettes, décor, castelet), en les rachetant, et au dramaturge Michel de Ghelderode pour le répertoire.
Jef Bourgeois naquit le 26 octobre 1896, rue de la Philanthropie, dans le quartier de la rue Haute, où il passa toute sa jeunesse. C’est par la rue de la Philanthropie que l’on accédait à l’impasse des Liserons où Toone I (Antoine Genty) avait établi son théâtre. C’est dire à quel point Jef Bourgeois était prédestiné au rôle de défenseur des Toone qui allait être le sien des décennies durant ! A l’âge de 17 ans, Jef entra comme aide-sculpteur aux établissements Wolfers, où il travailla durant un demi-siècle, secondant son maître, Marcel Wolfers. Las, la sculpture ne permettait pas à Jef d’améliorer son ordinaire, aussi décida-t-il de se tourner vers la peinture. Il fréquenta ainsi plusieurs peintres de renom et s’adonna lui-même à l’art du grand Breughel pour lequel il éprouvait une authentique passion. On lui doit des dizaines de tableaux représentant notamment La chambre à coucher de Toone. De fait, les marionnettes de Toone étaient sa spécialité, et nous verrons que sans plusieurs interventions de celui que l’on surnomma « le peintre des Marolles », voire même le « prince des Marolles », le Théâtre de Toone, qui constitue véritablement l’âme du Vieux Bruxelles, aurait disparu depuis bien longtemps. Jef Bourgeois était un peintre naïf qui aimait les couleurs chatoyantes. En mai 1962, il obtint le 1er prix au concours de peinture organisé par les Antiquaires du Sablon. Mais Jef Bourgeois vit aussi lentement dépérir ses Marolles, en proie à bien des bouleversements sociaux et démographiques, ainsi qu’à l’accroissement de l’emprise d’un certain folklore quelque peu pédant, superficiel et dénué de toute sincérité. Tout passe, les hommes et les choses. Il en fut également ainsi pour Jef Bourgeois qui s’éteignit un jour de l’année 1983.
Sources : Éric Timmermans, « Jef Bourgeois, le peintre des Marolles » page consultée le 24/01/2022 ; Andrée Longcheval et Luc Honorez, Toone et les marionnettes de Bruxelles, Paul Legrain, 1984, p. 111 et p. 117-119.
Né le 4 mai 1924 à Molenbeek-Saint-Jean et décédé le 15 janvier 1996 à Linkebeek, Serge Creuz est artiste-peintre formé à La Cambre, école supérieure des Arts visuels, et s’oriente rapidement vers le théâtre. Il crée ainsi de nombreux décors pour le Théâtre national et collabore avec la RTBF. Il fonde également la maison de la Bellone, centre d’archivage et de documentation du théâtre.
Vingt ans après la création de Tyl Uylenspiegel par Elisabeth et Arthur Fauquez, Serge Creuz et ses élèves de la Cambre sont appelés par V. José Géal – Toone VII pour renouveler la scénographie du spectacle. Ces marionnettes d’une facture originale ont fait l’objet d’une acquisition par le service du Patrimoine de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est aussi l’auteur d’une scénographie tout aussi atypique pour Geneviève de Brabant.
Visiter le musée
Le Théâtre royal de Toone est le dernier théâtre de marionnettes à tringle traditionnelles encore en activité à Bruxelles aujourd’hui.
Le musée est uniquement accessible pendant l’entracte des représentations. Nos guides passionnés vous dévoileront l’histoire captivante de ce théâtre unique, mettant en lumière l’art exceptionnel des marionnettes à tringle. Que vous soyez amateur de culture, d’art ou simplement curieux, laissez-vous guider à travers les coulisses de Toone et vivez une expérience théâtrale inoubliable.
Infos pratiques
La Galerie de Toone
Vous pouvez découvrir actuellement une exposition sur la personnalité et la carrière de Toone VII - V. José Géal.
Le musée de toone
À 5min de la Gare Centrale, métro ligne 1 et 5
Galerie de Toone
Visite pendant les heures d'ouverture
GRATUIT
Musée
Visite sur demande pendant l'entracte des représentations
GRATUIT
Pass' Combiné Théâtre + Musée
àpd 12€
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Chaque marionnette des 33 spectacles de notre répertoire varié prend vie au sein de notre atelier dédié. La magie commence avec la création minutieuse de chaque personnage, façonné avec soin par nos artisans passionnés. Chaque détail, de l’expression du visage aux mouvements délicats, est pensé pour donner vie à ces petites œuvres d’art animées.
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Bons plans
TT
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